Après avoir vécu pendant plusieurs décennies un renouvellement de l’Église (et de ses « cadres ») assuré par la fécondité de quelques grandes familles protestantes, il s’agit de s’adapter aux enjeux d’un monde contemporain sécularisé où, Dieu merci, les protestants ne sont plus obligés de se marier entre eux et où leurs enfants, une fois adultes, sont vraiment libres de continuer à venir ou pas. Ce changement de contexte a apporté, me semble-t-il, deux fruits particulièrement positifs : des liens accrus avec les autres dénominations chrétiennes d’une part (cf. l’œcuménisme et l’Église universelle) et le constat que la diversité des parcours individuels est une source d’émerveillement et de bénédictions. Dès lors il revient à nos communautés de mettre en œuvre une vraie dynamique d’accueil : dans une démarche d’humilité, reconnaissons que la nouvelle personne qui désire participer à la vie de notre communauté apporte avec elle quelque chose de neuf à toute la communauté. Reconnaissons aussi qu’elle a besoin de temps et d’accompagnement pour trouver sa place dans notre Église.
L’Église protestante unie a la particularité d’être le fruit d’un grand brassage d’influences : enthousiasme cathare, humilité et fierté vaudoise, liturgie luthérienne, humanisme rationaliste, éthique calviniste, piétisme germanique, méthodisme anglais, engagement du christianisme social, etc. Tout cela la rend belle et vivante, mais cela la rend aussi un peu difficile à comprendre. À nous de faire en sorte que chacune de nos communautés conçoive progressivement toutes ses activités comme des lieux ouverts à des personnes qui ne connaissent rien, qui ne sont pas comme nous, mais qui désirent connaître Dieu et recevoir par l’Église une bénédiction. C’est à cela que nous invite le slogan « Église de témoins ».
Robin Sautter, Président du conseil régional
Billet publié dans le supplément Nouvelles des églises du magazine Réveil (avril 2026)
Billet publié dans le supplément Nouvelles des églises du magazine Réveil (mars 2026)